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Je suis née en AFRIQUE (Dakar). J'ai eu quatre enfants. J’ai reçu le DTPolio en 1996/1997 et des rappels tétanos. Depuis 1998, douleurs musculaires, l'impression d'avoir une très forte grippe. Je ne pouvais plus sortir de mon lit. Les médecins me disaient que c’était viral. En 1999, cela durait plus longtemps, 15 jours, une fois par mois. En 2003, diagnostic de fibromyalgie, j’ai vu 10 généralistes dont un qui m’a demandé de sortir de son bureau en disant : « les fibromyalgiques c’est trop d’emmerdes, je ne veux pas de problèmes avec la sécu ! ». Je ne suis pas dépressive, je suis suivie en psychothérapie, pour parler et supporter cette souffrance. Mes symptômes sont multiples : Douleurs dans toutes les articulations, comparables à des tendinites. Poignés, doigts, coudes, épaules, nuque, hanches, dos, genoux, chevilles, plante des pieds. Je souffre de douleurs musculaires, j'ai l'impression que l'on me tire les muscles, que l'on me serre dans un étau, bras et jambes. Mes yeux me brûlent comme si j'avais du sable dedans. J'ai souvent le corps brûlant avec l'impression d'avoir 40° de fièvre, alors que le thermomètre affiche juste 37°1, 37°5, ou alors le corps est glacé jusqu’à l’os. Je ne supporte pas le froid ni la chaleur, les douleurs sont terribles. A l'effort je ressens une énorme faiblesse musculaire, mon corps et souvent secoué de spasmes, j'ai beaucoup de difficultés pour monter les escaliers et marcher. Je suis continuellement épuisée. L’impression que toute mon énergie me quitte, comme une plante que la sève n'alimente plus. J'ai tenté l'acupuncture, la kiné en piscine. Tout ce qui est domestique m'est difficile, voir impossible certains jours. Les objets m'échappent bien souvent des mains, et je peux difficilement porter des choses (courses, casserole, assiette...) Dès que je fais quelque chose (même d'agréable), je sais que je vais le "payer" en douleur et épuisement. Ma vie sociale s'est énormément réduite, par mon propre choix, ne pouvant plus faire grand chose sans souffrir. J’ai consulté deux rhumatologues (dont un à l’hôpital Américain) qui m’a dit : « on ne peut rien pour vous, voyez un psy ! »

Témoignage d’Annick (78) coiffeuse avril 2008

Fibromyalgie suite au vaccin DTP en 1996

La peinture m’a sauvée

Lorsqu’un jour, après un énième rendez-vous,ma généraliste me dit : « Vous faites une dépression, vous auriez mieux fait d’avoir un cancer car au moins ça se voit ! » Je suis sortie de son cabinet et j’ai pleuré, blessée au plus profond de moi. Je me suis mise à la peinture à l’huile, je n’ai jamais appris à peindre. Je peux mettre trois jours pour un tableau, tout dépend de la disponibilité de mon corps. Lorsque je peins je ne pense à rien d’autre, qu’aux couleurs que je vais prendre, à mon geste qui sera lourd ou léger. C’est un moment où je m’évade, malgré les douleurs au quotidien.

La peinture m’a « sauvée » mentalement de toutes les conneries que j’ai entendues et prises en pleine figure.

Annick(78)

Fibromyalgie suite au vaccin DTP en 1996.